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Vidéosurveillance en magasin et commerce : les règles à respecter

Table des matières

Un commerce est un lieu ouvert au public. C’est ce seul point qui change tout : contrairement à des bureaux ou à un entrepôt fermé, l’installation d’un système de vidéosurveillance dans un magasin exige une autorisation préfectorale préalable, en plus des obligations RGPD.

Voici les règles à respecter, dans l’ordre où elles se posent quand on équipe une boutique, une surface de vente ou un point de retrait.

Votre commerce est-il un lieu ouvert au public ?

La réponse détermine toute la procédure. Un même commerce mélange presque toujours les deux régimes :

  • Lieu ouvert au public : surface de vente, rayons, caisses, entrée, vitrine, parking client. Autorisation préfectorale obligatoire.
  • Lieu non ouvert au public : réserve, chambre froide, bureau, quai de livraison, local technique. RGPD seul, aucune autorisation préalable.

Un dossier de vidéosurveillance de magasin porte donc généralement sur une partie seulement des caméras — celles qui couvrent la zone accessible aux clients.

Les formalités de mise en place

Zones ouvertes au public : la demande en préfecture

La demande se dépose en ligne sur le téléservice du ministère de l’Intérieur. Le dossier précise le nombre de caméras, leur emplacement exact sur un plan, leur champ de vision, la finalité poursuivie, la durée de conservation des images et l’identité de la personne responsable.

L’autorisation est délivrée pour cinq ans et doit être renouvelée. Exploiter un système de vidéosurveillance sans elle expose à une fermeture administrative.

Réserves et bureaux : RGPD seulement

Aucune démarche préfectorale, mais l’inscription du traitement au registre reste obligatoire, ainsi qu’une analyse d’impact dès lors que le dispositif surveille des zones où travaillent des salariés de façon habituelle.

Information du personnel et consultation du CSE

Le comité social et économique doit être consulté avant l’installation, et non après. Chaque salarié doit être informé individuellement de la finalité du dispositif, des zones couvertes et de ses droits d’accès aux images. Une note remise contre signature ou un avenant au règlement intérieur suffit.

Des images obtenues par un système non déclaré au CSE sont irrecevables devant les prud’hommes. C’est le motif d’annulation le plus fréquent des licenciements fondés sur la vidéo.

Vidéosurveillance magasin

Où placer les caméras — et où c'est interdit

Emplacements autorisés

Entrée et sortie, allées et rayons, zone de caisses, réserve, quai de livraison, coffre et arrière-caisse. Ce sont les points où se concentrent la démarque inconnue et les vols à l’étalage.

Emplacements interdits

Aucune caméra ne peut filmer les cabines d’essayage, les toilettes, la salle de pause ou les vestiaires du personnel. Ces zones sont protégées sans exception possible.

Il est également interdit de filmer un salarié en continu sur son poste de travail : une caméra braquée sur une caissière tout au long de sa journée est disproportionnée. La caméra doit cadrer la zone de vente, pas la personne. La voie publique devant la vitrine est exclue elle aussi, sauf dérogation, et impose un masquage numérique si le champ déborde.

Informer vos clients : la signalétique obligatoire

Des panneaux doivent être visibles dès l’entrée du magasin, avant que le client ne pénètre dans la zone filmée. Ils indiquent la présence d’un système de vidéosurveillance, la finalité — la sécurité des biens et des personnes —, le nom du responsable de traitement et la manière d’exercer son droit d’accès aux images.

Un pictogramme seul ne suffit pas : les mentions écrites sont exigées.

Qui peut consulter les images ?

Seules les personnes nommément habilitées dans le dossier d’autorisation : généralement le gérant et le responsable sécurité. Ni les vendeurs, ni un prestataire extérieur non déclaré ne peuvent accéder aux enregistrements.

Chaque accès doit être tracé. Les autorités judiciaires peuvent obtenir les images sur réquisition, et les forces de l’ordre y accéder en cas d’enquête.

Combien de temps conserver les images ?

30 jours maximum, sauf procédure judiciaire en cours. Pour un commerce, une durée de 15 jours couvre largement le délai de constat d’une démarque, et une conservation courte se justifie plus facilement en cas de contrôle.

Le paramétrage de la purge automatique sur l’enregistreur est le point que les contrôles vérifient en premier.

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Quelles sanctions en cas de non-respect ?

Exploiter un système de vidéosurveillance sans autorisation préfectorale dans un lieu ouvert au public est puni de trois ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende. Les manquements au RGPD relèvent quant à eux de la CNIL, avec des amendes administratives pouvant atteindre 4 % du chiffre d’affaires annuel.

Au-delà des sanctions, l’effet le plus courant est plus prosaïque : des images inexploitables devant un tribunal ou refusées par un assureur.

Quelles caméras pour un magasin ?

Trois contraintes propres au commerce guident le choix :

Les textes de référence

  • Code de la sécurité intérieure, articles L251-1 à L255-1 — lieux ouverts au public
  • Code de la sécurité intérieure, article L254-1 — sanctions pénales
  • Règlement (UE) 2016/679 — RGPD, articles 5, 6, 13 et 35
  • Loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée — Informatique et Libertés
  • Code du travail, article L2312-38 — consultation du CSE

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