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Vidéosurveillance en copropriété : règles, vote en AG et installation

Table des matières

Oui, une copropriété peut installer des caméras dans ses parties communes. Mais la décision ne relève ni du syndic seul, ni du conseil syndical : elle se vote en assemblée générale à la majorité de l’article 25. Et le dispositif doit respecter des règles précises sur les zones filmées, la durée de conservation et l’information des résidents.

Voici, dans l’ordre où elles se posent, les questions à régler avant d’équiper un immeuble collectif en vidéosurveillance.

Peut-on installer des caméras dans les parties communes ?

Oui. Les parties communes d’un immeuble collectif — hall, cage d’escalier, ascenseur, parking, local à vélos, local poubelles — peuvent être placées sous vidéosurveillance dès lors que le dispositif est proportionné à l’objectif poursuivi : prévenir les vols, les dégradations et les intrusions.

La copropriété est ici responsable du traitement au sens du RGPD. C’est le syndicat des copropriétaires, représenté par son syndic, qui porte cette responsabilité — pas l’installateur, ni le gardien.

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Le vote en assemblée générale pour la videosurveillance en copropriété : quelle majorité ?

Une décision qui relève de l'article 25

L’installation d’un système de vidéosurveillance en copropriété constitue un acte d’administration soumis à la majorité de l’article 25 de la loi du 10 juillet 1965 : la majorité des voix de tous les copropriétaires, présents, représentés ou absents.

Si le vote recueille au moins le tiers des voix sans atteindre cette majorité, un second vote à la majorité simple de l’article 24 peut avoir lieu immédiatement — c’est la passerelle de l’article 25-1.

Ce que la résolution doit préciser

Une résolution trop vague fragilise le dispositif et peut être contestée. Elle doit mentionner :

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Vidéosurveillance en copropriété : Où peut-on filmer, et où c'est interdit

Zones autorisées

Halls d’entrée, couloirs, cages d’escalier, cabines d’ascenseur, parkings et sous-sols, locaux techniques, locaux à vélos et à poubelles. Ce sont les points de passage et les zones isolées, celles où se concentrent les intrusions et les dégradations.

Zones interdites

Les caméras ne doivent en aucun cas filmer les portes palières des logements, ni les fenêtres, ni l’intérieur des appartements. Une caméra cadrée sur une porte d’entrée privative porte une atteinte disproportionnée à la vie privée et expose la copropriété à une plainte.

La voie publique est également exclue, sauf autorisation préfectorale spécifique. Si le champ d’une caméra déborde sur le trottoir, un masquage numérique de la zone est obligatoire.

Faut-il une autorisation préfectorale ?

Non, dans la très grande majorité des cas. Les parties communes d’une copropriété sont des lieux non ouverts au public : elles relèvent du seul RGPD, sans autorisation préalable de la préfecture.

L’autorisation devient nécessaire uniquement si une caméra filme un espace accessible à tous — un passage traversant ouvert, une allée privée mais librement accessible — ou une portion de voie publique.

Qui peut consulter les images ?

L’accès aux enregistrements doit être limité aux personnes nommément habilitées par la résolution d’assemblée générale : généralement le syndic et, le cas échéant, le gardien. Aucun copropriétaire ne peut consulter librement les images d’un immeuble collectif, y compris un membre du conseil syndical.

Chaque consultation doit être tracée. En cas d’incident, seules les autorités judiciaires peuvent obtenir la remise des enregistrements sur réquisition.

Combien de temps conserver les images ?

La règle de référence est de 30 jours maximum. Dans les faits, une durée de 7 à 15 jours suffit à couvrir le délai de découverte d’un incident dans un immeuble d’habitation, et une conservation courte est plus facile à justifier devant la CNIL.

La purge doit être automatique. Les enregistreurs professionnels appliquent cette suppression sans intervention humaine — c’est le moyen le plus simple de rester conforme sans y penser.

Informer les résidents : la signalétique obligatoire

Des panneaux doivent être visibles en permanence à chaque entrée de zone surveillée. Ils mentionnent la présence d’un système de vidéosurveillance, la finalité du dispositif, l’identité du responsable de traitement — le syndicat des copropriétaires — et les modalités d’exercice du droit d’accès aux images.

Le règlement de copropriété et le procès-verbal d’assemblée générale complètent cette information. Un affichage absent suffit à rendre le dispositif irrégulier, quelle que soit la qualité de l’installation.

Quelles caméras pour un immeuble collectif ?

Halls et parties communes intérieures

Caméras dôme discrètes, résolution 4 MP minimum pour permettre une identification exploitable, et surtout une bonne gestion des contrastes : un hall vitré crée des contre-jours violents qui rendent inutilisables les images d’une caméra bas de gamme.

Parkings et sous-sols

C’est la zone la plus sensible d’un immeuble collectif : peu de passage, peu de lumière, un accès unique. Il faut une caméra à vision nocturne infrarouge et une résolution suffisante pour lire une plaque d’immatriculation à l’entrée de la rampe. Un modèle IP67 est recommandé, l’humidité des sous-sols étant fatale au matériel grand public.

Locaux à vélos et à poubelles

Ce sont les zones les plus touchées par les vols et les dépôts sauvages, et les moins bien couvertes. Une caméra compacte avec détection de mouvement par intelligence artificielle y suffit : elle ne déclenche une alerte que sur une présence humaine réelle, pas sur un courant d’air.

Les textes de référence

  • Règlement (UE) 2016/679 — RGPD, articles 5, 6 et 13
  • Loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée — Informatique et Libertés
  • Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, articles 24, 25 et 25-1 — majorités en assemblée générale
  • Code de la sécurité intérieure, articles L251-1 et suivants — lieux ouverts au public
  • Code civil, article 9 — respect de la vie privée

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Nous accompagnons les syndics et les conseils syndicaux d’Auvergne-Rhône-Alpes de l’étude préalable au vote jusqu’à la maintenance du système : repérage des zones à couvrir, dimensionnement, rédaction des éléments techniques de la résolution d’assemblée générale, installation et paramétrage de la purge automatique.

Pour un dispositif à l’échelle d’une entreprise plutôt que d’un immeuble, voir notre page vidéosurveillance entreprise. Demandez votre devis : réponse sous 48 h.

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