Avant de choisir la moindre caméra, une seule question détermine toute la procédure : votre parking est-il ouvert au public ou non ? Un parking de salariés fermé par une barrière relève du seul RGPD. Un parking accessible à des visiteurs ou à des clients bascule sous le Code de la sécurité intérieure et exige une autorisation préfectorale.
Voici comment trancher, quelles zones couvrir et quelles contraintes techniques un parking impose — particulièrement en sous-sol.
Parking privé ou ouvert au public : la question qui décide de tout
Parking fermé, réservé aux salariés ou aux résidents
Barrière, badge, portail commandé : si l’accès est contrôlé et limité à des personnes identifiées, le parking est un lieu privé. Aucune démarche en préfecture. Restent l’inscription au registre des traitements, l’information des personnes et, s’il s’agit de salariés, la consultation du CSE.
Parking accessible au public
Parking de visiteurs, place client devant un commerce, ouvrage en accès libre : le régime change. Il faut déposer une demande d’autorisation préfectorale, valable cinq ans, précisant le nombre de caméras, leur champ et la durée de conservation des images.
Cas fréquent et souvent mal traité : un même parking peut mêler les deux régimes — une partie visiteurs ouverte, une partie personnel fermée. Le dossier ne porte alors que sur les caméras de la zone publique.

Les zones à couvrir en priorité
La rampe et la barrière d'accès
C’est le point de passage obligé, et le seul endroit où l’on peut identifier un véhicule proprement. Une caméra cadrée sur la voie, à hauteur de plaque, résout la majorité des enquêtes. C’est aussi la zone la plus difficile techniquement : contre-jour violent entre l’extérieur et l’obscurité du sous-sol.
Les allées de circulation et les places
Couverture large plutôt que détail. L’objectif est de reconstituer un trajet et une chronologie, pas de lire une plaque au fond du niveau -2. Deux caméras bien placées en bout d’allée valent mieux que six mal orientées.
Les accès piétons, ascenseurs et cages d'escalier
Ce sont les zones isolées, celles où se produisent les agressions et les dégradations, et celles que les installations bon marché oublient systématiquement. Elles méritent au moins une caméra chacune.
Le local vélos et les bornes de recharge
Deux cibles récentes et croissantes. Un vélo électrique vaut plusieurs milliers d’euros, et les câbles de recharge sont volés pour leur cuivre. Une caméra compacte avec détection par intelligence artificielle suffit : elle n’alerte que sur une présence humaine réelle.

La lecture de plaques d'immatriculation
C’est la fonction qui distingue une installation de parking d’une installation générique. Une caméra dédiée à la lecture de plaques, placée à l’entrée avec un angle et une vitesse d’obturation adaptés, produit une donnée exploitable — là où une caméra classique ne donnera qu’une forme blanche illisible.
Attention : un fichier de plaques constitue un traitement de données personnelles à part entière. Il doit être déclaré au registre, avec sa propre durée de conservation, et ne peut servir à suivre les allées et venues des salariés.
Les contraintes techniques du parking souterrain
Aucune lumière naturelle
Un sous-sol est éclairé en permanence par des néons faibles, souvent sur détecteur. Il faut une bonne sensibilité en basse lumière et un infrarouge à portée suffisante — sans quoi l’image est un aplat gris dès que l’éclairage s’éteint.
Humidité, poussière et gaz d'échappement
Indice de protection IP66 au minimum. L’humidité des sous-sols et les dépôts d’échappement encrassent les optiques et détruisent le matériel grand public en quelques saisons.
Réseau et alimentation
Les distances sont longues et il n’y a rarement pas de prise là où il faudrait une caméra. L’alimentation PoE règle les deux problèmes d’un coup : un seul câble transporte la vidéo et l’électricité. Le stockage local sur enregistreur évite par ailleurs de saturer la liaison Internet du bâtiment.
Qui peut consulter les images vidéosurveillance d'un parking ?
Uniquement les personnes nommément habilitées : gestionnaire du site, syndic, responsable sécurité. Ni les usagers, ni les salariés, ni un prestataire non déclaré. Chaque consultation doit être tracée, et les images ne sont remises aux forces de l’ordre que sur réquisition.

Combien de temps conserver les images ?
30 jours maximum, sauf procédure judiciaire en cours. Pour un parking, une durée de 15 jours couvre le délai habituel entre un dégât constaté sur un véhicule et sa déclaration. La purge doit être automatique.
La signalétique obligatoire
Des panneaux doivent être visibles à chaque entrée, avant la zone filmée — donc avant la barrière, pas après. Ils mentionnent la présence du système de vidéosurveillance, sa finalité, le responsable du traitement et les modalités d’accès aux images.
Les textes de référence
- Code de la sécurité intérieure, articles L251-1 à L255-1 — lieux ouverts au public
- Règlement (UE) 2016/679 — RGPD, articles 5, 6, 13 et 35
- Loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée — Informatique et Libertés
- Code du travail, article L2312-38 — consultation du CSE
- Code civil, article 9 — respect de la vie privée
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